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France 3  interview du président du Foyer des Marins de Rouen

Transcription de l’interview

Journaliste : Bonjour Eric Salaun. Vous faites énormément de choses dans la vie, vous travaillez pour le port de Rouen. Vous faites aussi clown avec votre compagne dans les Epad. Mais ce soir, on va surtout parler d’une troisième étiquette. Président du Foyer des marins de Rouen. Ça fait beaucoup. Moi, j’aimerais savoir concrètement comment fonctionne ce foyer, comment les marins y viennent, comment ils sont au courant que vous pouvez leur apporter quelques services ?

Eric Salaun : Alors on se rend à bord des bateaux tous les jours. L’équipe qui est de service va sur chaque navire et leur propose les différents services que l’on a au foyer, à savoir l’accès à la WiFi, la vente de biens de première nécessité. On a également un bar ou ils peuvent se poser. On a une terrasse et ils peuvent aussi aller en centre-ville, profiter de la vie sociale qui manque cruellement à bord.

Journaliste : Parce que là, on le voit effectivement sur les images les bénévoles et les salariés qui vont voir les bateaux. On a beaucoup de bateaux en escale à Rouen, c’est un grand port ?

Eric Salaun : Oui, le port de Rouen est assez important puisqu’il va de Honfleur jusqu’à Rouen. Nous, nous couvrons Rouen, du pont Flaubert jusqu’à Moulineaux. Et ça représente environ 1500 navires par an.

Journaliste : D’accord, donc, vous me disiez qu’il y a environ 3000 marins qui passent dans ce foyer. Ils peuvent y faire du sport et donc acheter des produits d’hygiène. Le téléphone, c’est important ?

Eric Salaun : Oui, c’est important pour eux. Ce qu’ils viennent surtout chercher, ce n’est pas forcément une communication téléphonique, c’est la possibilité d’avoir de la visio avec leurs proches. Donc à la fois au foyer, il y a la wifi gratuite, donc ils profitent de ce moment-là et après ils achètent une carte SIM qui leur donne accès à internet et ils peuvent poursuivre leur échange avec leur famille à bord.

Journaliste : Des lieux comme ça, il y en a partout dans le monde. En fait, dans tous les grands ports, c’est même une obligation en France ?

Eric Salaun: Oui, tout à fait.  il existe 420 institutions à travers le monde et l’ensemble des pays qui ont ratifié une convention internationale en 2006 sont obligés d’avoir ces structures d’accueil comme celle de Rouen.

Journaliste : On le voit sur les photos, c’est à Rouen. C’est un hôtel particulier avec une chapelle, ç’est un lieu un peu pittoresque, mais c’est surtout un lieu très important ?

Eric Salaun : Oui, pour les marins, oui, oui, c’est très important pour eux. Ils n’ont pas toujours la possibilité de débarquer lorsqu’ils font escale dans différents ports. Il arrive que des marins chargent des céréales à Rouen et ensuite aillent jusqu’en Chine. C’est des voyages qui peuvent durer 50 jours. Donc les quelques heures qu’ils passent à Rouen, c’est vraiment très très important pour eux de quitter le navire.

Journaliste : Alors pour tout ça, pour aller les voir, pour les rencontrer, pour leur expliquer. Il y a six salariés, il faut aussi des bénévoles. Alors allez-y, dites-le, il faut le répéter, le scander, vous en avez besoin ?

Eric Salaun : Oui, on a besoin de bénévoles pour nous aider à accueillir ces marins, pour passer du temps avec eux à bord, on n’a pas toujours la possibilité de le faire. En distribuent juste un flyer. Mais l’idéal, ce serait de pouvoir passer du temps avec eux, d’échanger, de discuter et également de leur faire découvrir la ville de Rouen. On n’a pas la possibilité ensuite de les emmener, de leur faire découvrir Rouen, de leur faire découvrir les lieux un peu sympas pour qu’ils puissent sortir de leur quotidien. Donc on a vraiment besoin de bénévoles.

Journaliste : Et puis vous offrez aussi des moments de culture, notamment pendant le covid aussi. Il y a eu des concerts, des concerts à bord des bateaux, des concerts dans le foyer. Je vous propose de regarder un petit extrait et on en profite aussi.

“Diffusion vidéo”

 Journaliste : C’est important aussi la musique, la culture ?

Eric Salaun: Oui, la musique, c’est universel. Il n’y a pas besoin de savoir parler une langue particulière. Donc on cible des musiques un peu internationales qui sont mondialement connues.  là, en l’occurrence, c’était deux Argentins qui ont l’habitude de se produire à Paris qui étaient venus dans le cadre  d’une journée entière dédiée au tango. Et donc on est allé à bord le matin, c’était un bateau au Sri Lankais et ensuite le soir, ils sont venus et c’était vraiment une très belle journée puisqu’il y a même un Sri Lankais qui a rencontré une Une Française avec qui il s’est lié. Il a disparu après dans la soirée…

Journaliste : Ah c’est comme a l’armada ? Et ça m’amène d’ailleurs à dire que pendant l’Armada, il y aura beaucoup plus de concerts. Vous allez développer pour que les publics aussi du quartier viennent rencontrer ? Oui. Alors nous, on a demandé à nos téléspectateurs si cette profession de marin les tentaient. Ils sont plutôt réticents. 85 % ne sont pas du tout tentés par la vie de marin. Vous-même, vous l’avez été pendant dix ans, vous avez navigué. On en dit un petit mot. C’est vrai que ça reste une vie compliquée ?

Eric salaun : Alors moi, j’ai beaucoup aimé ce métier parce que j’avais 20 ans. Donc l’esprit de copains à bord, c’était super. Les temps d’escale, c’est magnifique. Mais à un moment donné, on veut construire une famille et c’est beaucoup plus simple d’être terre et donc j’ai quitté ce métier pour cette raison.

Journaliste : Parce que les marins, vous dites on dit d’eux que c’est comme des morts vivants pour la famille. Et ils sont là, mais pas là. Oui, et ça c’est important, quoique le foyer leur permet aussi de communiquer facilement. C’est vraiment là-dessus qu’il faut insister ?

Eric Salaun : Donc en fait, dans. Dans les demandes principales des marins, il y a des enquêtes qui sont régulièrement faites par des organismes internationaux et la principale demande des marins, c’est de pouvoir avoir des liens réguliers avec leur famille.

Journaliste : Ben merci beaucoup, bravo pour votre engagement. Vous avez d’ailleurs reçu l’ordre du mérite maritime pour ça. Bravo ! Et donc je rappelle que les bonnes volontés peuvent s’adresser au foyer des marins. Oui, il suffit de parler un petit peu anglais, ça suffira. Mais bon, merci beaucoup.

Eric Salaun: Merci beaucoup.

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