Roger cherche assidûment un compagnon chien. Doggy se méfie des humains. Ils nous parlent beaucoup… et dialoguent un peu.
Origines.
A la suite d’une représentation de « Dialogue d’un chien avec son maître…sur la nécessité de mordre ses amis » de Jean marie Piemme (Actes Sud Papiers), une amie évoque l’idée qu’il pourrait être intéressant de lire la même situation inversée.
La pièce d’origine raconte comment un chien finit par domestiquer un portier d’hôtel misanthrope et à en faire son maître. Il s’agirait donc, cette fois de dire comment le même maître finit par domestiquer un chien asocial.
Dans la pièce de Piemme, le chien peut user de tous les moyens avouables ou non pour arriver à ses fins. Dans « Caravane », le maître ne peut user que de son humanité.
Résumé.
Roger est portier d’hôtel dans une grande ville. Il a vécu une période sombre dans une caravane sous une bretelle d’autoroute : sa femme l’avait quitté et on lui avait “pris” sa fille, partie vivre aux Etats-Unis. Il s’aidait très souvent de l’alcool pour supporter sa vie mais a conservé malgré tout son poste au Claridge. Un chien, Prince, qui cherchait un maître et passait par là, était parvenu à le réconcilier avec l’existence. Ils avaient vécu longtemps ensemble, d’abord dans la caravane puis dans un appartement en ville. La mort de Prince a déstabilisé Roger. Il a vécu seul trop longtemps pour accepter la solitude. Il part à la recherche d’un nouveau compagnon chien.
Le chien Doggy, lui, a vécu une vie troublée dans un appartement familial au sein duquel il souffrait de vexations. Un été, son maître l’a abandonné. Après une vie de solitaire « galérien” en ville, à chercher sa pitance, un endroit où dormir, à se protéger des humains et de ses congénères qui lui font la vie dure, il cherche un lieu plus au calme. Il trouve une caravane vide, qui devient son nouveau lieu de vie et qu’il va défendre contre humains et chiens. Doggy n’a plus confiance, ni en l’humanité, ni en la “canité”. Il pense que sa solitude est sa plus grande force et se méfie de toute tentative d’approche d’où qu’elle vienne.
En « pèlerinage » sur les lieux de son ancienne vie, Roger rencontre Doggy. Il pense naïvement que leur solitude va les rapprocher et souhaite qu’une relation s’établisse entre eux. Il engage les premières approches, persuadé que l’offre de vie commune qu’il lui fait va trouver une réponse positive. Ses « avances » sont repoussées si brutalement qu’il est sur le point d’abandonner ses efforts. Il est surpris, puis meurtri par le refus agressif de l’animal. Il fait néanmoins une dernière tentative… couronnée d’un succès relatif. Le chien finira, après de nombreux refus, par accepter l’offre de Roger, mais restera sur ses gardes et maintiendra une distance, dans une revendication forte d’autonomie.
Texte de Francisco Otero
Durée 45 mn
Avec le soutien de Pierre Mauviard
